Je n'allais quand même pas vous laisser sur votre faim, surtout pas après ma promesse d'hier... C'est donc après une dure journée de labeur, journée pluvieuse, par ailleurs, que je vous adresse ces quelques mots, en puisant dans mes dernières ressources.
Pour ceux qui seraient intéressés par le fait de savoir comment se déroule une journée de prof, c'est-à-dire pas pour mon parrain chéri (qui adore que je l'appelle comme ça, je le sais de source sûre...autrement dit de lui-même!), je vais vous accorder l'immense privilège d'avoir un petit aperçu de "l'envers du décor"...
C'est parti pour la journée type du prof de fac...
9h15 ( à peu près. Ici on commence tard, que voulez-vous que j'y fasse!). Arrivée à la fac. Café obligatoire, dans un gobelet en carton "comme dans le films". Direction le 4ème étage pour préparer les petites affaires dont je vais avoir besoin pour les heures qui suivent: mon marqueur effaçable pour le tableau, mes documents pour le cours, ma bouteille d'eau anti-j'ai-la-voix-qui-déraille, ma clé de bureau pour pas me retrouver à la porte de ce même bureau, et c'est parti. Ou presque. Parce que j'oublie toujours quelque chose. Hé oui, on se refait pas. "Si t'avais pas d'élastique à ton slip", me disait maman...
10h: premier cours, souvent d'observation, car je ne donne jamais cours tôt (!) le matin, plus vers midi, histoire d'être sûre de ne pas pouvoir manger. Sympa. Les élèves, à 10h, sont...calmes. Très calmes. A faire pâlir d'envie un prof de collège ou de lycée français en manque de vacances. Le prof que j'observe se lance donc dans un monologue qui durera presque 50 mns, parce que j'exagère quand même, deux ou trois élèves oseront prononcer quelques mots. A 11h, ça va beaucoup mieux, c'est juste une histoire de mise en route.
Et les cours se suivent et ne se ressemblent pas, d'un cours de grammaire à un cours d'écrit, d'un cours de french popular music à un cours de peinture du XVIIIème... J'apprends beaucoup, je me régale, c'est parfait.
Puis vient la pause, qui peut surgir à n'importe quel moment de la journée mais rarement, comme je vous l'ai dit, à l'heure du déjeuner. Etre prof, ou l'art de manger un sandwich en deux temps (sauf que pour moi, ce sera toujours en un temps. Oui je mange trop vite. Non je ne mâche pas assez. Non, je n'ai pas changé, je suis toujours... pardon, je m'égare.)
Alors la pause c'est bien, sauf si vous avez déjà préparé vos cours, que vous n'avez pas accès à un ordinateur pour faire des recherches et/ou que tous vos collègues ont déserté les lieux. Parce que dans ces cas-là, c'est long!!! Non pas que je trouve mes tête-à-têtes avec le mur désagréables, mais point trop n'en faut, dirais-je!
Et puis cours, cours, et cours, avec plus ou moins d'appréhension, selon les jours. Les élèves sont au rendez-vous, parfois pas tous, loin de là. Catherine, ma responsable, n'a eu aucun étudiant à son cours d'aujourd'hui. Moi j'en ai eu 3, à 16h, mais je suis habituée: c'est parce qu'il est tard, pour les étudiants. Ils m'ont regardée comme si j'étais dingue quand je leur ai dit que j'avais parfois cours jusque 19h30 cette année, et que je suis même allée en cours le samedi après-midi...
Tout se termine à 17h, après le 53ème hochement de tête-bonjour-hi en rencontrant un étudiant, le 173ème thanks-cheers pour remercier d'une porte retenue, le 12ème "going-up/going down/fourth floor/groung floor/lower ground floor" de l'ascenseur parlant... Et je rentre à la maison en bus. Parce qu'il pleut.
Et voilà!!
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